E pluribus unum
14 et 15 mars.
En 1906, le tout jeune "Sport Lisboa e Benfica" décide de l'associer à son étendard. On pourrait la traduire par "Ensemble, ne faisons qu'un".
Indéniablement, cette devise est aussi devenue celle des 40 acteurs de cette étape du "Trincamp Tour".
Si en débarquant à Lisbonne nous exprimions pluralité et diversité ; garçons, filles, jeunes, vétérans, habitués, novices, timides, fanfarons, touristes, fêtards, salariés d'ici et de là-bas ; après deux jours d'aventures communes et dans l'ambiance extatique du car nous menant au légendaire Estadio de la Luz, nous avions fusionné dans une transe collective pour ne plus former qu'un seul corps et une seule voix !
Mais ne brûlons pas les étapes et commençons par le début, avec le rituel rendez-vous à Charles de Gaulle pour un départ peu commun, car partagé avec le groupe pro et les clients VIP.
Dans l'avion, les mélanges ne sont pas encore réalisés et chacun reste avec sa "tribu".
Je me suis contenté de le toucher, et le dimanche matin suivant, j'avais deux passes décisives à mon actif...
Arrivés à l'aéroport, nous prenons contact avec notre guide, Amalia, et Nono le chauffeur. La première impression est bonne, elle se confirmera tout au long du séjour. Nous nous partageons les rôles : à moi le micro, à eux le reste !
Il est l'heure de déjeuner : direction un resto sympa au bord de l'eau. Lisbonne se situe à l'embouchure du Tage. A cet endroit, ce fleuve est si large que l'on croirait qu'il s'agit déjà de l'Océan. Même si nous avons quitté une France ensolleillée, la mer et la température nous plongent dans une ambiance estivale qui nous enchante tous.
L'amitié franco-portuguaise est immédiate...
Après le repas, Amalia reprend la main pour une visite du Monastère des Geronimos.
A l'entrée, nous nous trouvons face au tombeau de Vasco de Gama, c'est inattendu et singulier ! Ce nom me replonge en CM2 et je crains de voir ma maîtresse surgir de derrière l'un des piliers.
Après Vasco, on traverse l'avenue direction la tour de Belem. Au loin on aperçoit le Pont du 25 avril, inauguré en 1967 sous le nom de Pont Salazar et rebaptisé ainsi après la révolution des oeillets en 1974.
Ensuite nous allons au monument des découvertes, dédiés aux grands explorateurs.
Un instant, l'âme de Vasco s'empare de moi.
Pas question pour moi de céder aux pressions, et d'appeler cette photo "tâches sur le Tage".
Avant de rentrer à l'hôtel, nous finissons la visite par un temps libre autour de l'ascenseur créé par Eiffel.
Nous dînons dans un restaurant peu courant chez nous, une sorte de brasserie du soir avec des allures de cantine, où l'on va pour manger et pas pour être de sortie.
Dans le brouhaha régnant, difficile de s'affranchir des rires et des cris de notre groupe pour distinguer le cliquetis des casseroles dans la cuisine pourtant ouverte sur la salle, la vaine sommation d'un père à son gamin pour qu'il finisse son plat sans regarder le foot, le marmonnement de l'épouse raillant ce manque d'autorité, l'étranglement du commentateur télé annonçant dans un râle le dernier but de Tottenham contre Braga ou même le souffle exaspéré de l'ouvrier installé au comptoir jappant une soupe jugée trop chaude.
Si leurs yeux n'étaient pas si livides, il est à parier que les daurades exposées dans la glace pilée s'amuseraient de cette comédie humaine et qu'elles apprécieraient le charme désuet du ballet des serveurs s'activant en nombre autour de nos tables, dans un décor de carrelage et d'inox.
Le repas terminé, les plus âgés rentrent dormir à l'hôtel. Pour tous les autres, c'est le signal ! Ce pourquoi nous sommes vraiment venus sans oser nous l'avouer commence : la nuit Lisboète ! Et quelle nuit...
Laisse-moi t'en livrer le secret, et vois avec moi comment elle révèle tout ce qui est caché tant que le soleil brille. Ce n'est pas qu'une fable, une fois sortie, la lune transforme vraiment le docile quidam en loup sauvage prêt à hurler.
Ferme les yeux, je te propose un voyage au pays des ténèbres ! It's close to miiiiiiidnight, and something evil's lurking in the dark... Tu sens ce frisson parcourir ta nuque ? Pourtant n'aie pas peur ; bien qu'il soit garou, ce loup n'est pas méchant, il est juste différent... Mais il faut apprendre à le connaitre, car dans la famille garou, il y a de nombreux spécimens.Le Garou "Mouche",
Le garou "Hulk", qui voit ses vêtements rétrécir lorsqu'il se transforme,
Le garou enflammé,
Le garou "mâchoire qui tombe",
Le garou affamé,
Le garou BD,
Le garou bourgeonnant,
Le garou désarticulé wan again shooz style,
Le garou prédateur, ici à l'approche d'une innocente victime,
Paniquées par tant de danger, deux brésiliennes ont trouvé refuge du côté clair de la Force (je n'ai pas spécialement de mérite, rester clair est facile pour moi depuis que j'ai appris la technique de résistance à la lune dans un épisode de Buffy).
Il était temps, car la boite grouillait de petits garounets et de petites garounettes prêts à tout croquer!
C'est le moment où valsent masques et costumes. Le décorum s'éclipse pour laisser la passion et les humeurs prendre le pas sur la bienséance. Obscurité, alcool et promiscuité incitent au dépouillement, dès lors tous les chats deviennent gris.
Un tel moment de vérité est essentiel dans une odyssée comme la nôtre. Il y a un avant, et un après.
L'après est plutôt dur pour Yann et moi puisque nous nous étions promis de visiter la ville avant le RDV commun de 11H. Résultat, debout à 8H, après avoir fermé les yeux à 5H...
Mais le jeu en vaut la chandelle, jugez plutôt !
Tout le monde étant prêt à l'heure fixée, nous partons pour Sintra, village à 30 km de Lisbonne abritant le château renaissance de la famille royale du Portugal et dont la spécialité est l'azuleos, le carrelage d'art local. Il y en a partout, plus qu'à l'Opéra Bastille ou à Bercy : un destockage massif chez Leroy Merlin à l'époque me semble être la seule explication d'un tel acharnement...
Après avoir déjeuné à satiété dans une auberge qui pourtant, une fois de plus, ne payait pas de mine, nous partons pour Cascais (prononcez Cache-cache), mélange de Deauville pour les baraques et de Saint-Trop pour le soleil.
Quel plaisir de se faire une plage en mars ! Avec la température estivale, on pourrait s'y croire... jusqu'au moment où l'on met le pied dans une mer aussi froide que celle de Brest ! Malgré cela Toc-toc et Pika ont le courage ou l'inconscience de se baigner !
La nuit est-elle déjà si lointaine ? le soleil ayant chassé la lune, on retrouve les garçons d'un côté, les filles de l'autre !
De retour sur Lisbonne en fin d'après-midi, nous allons prendre un cocktail d'avant-match au Sheraton.
De là nous prenons la direction du stade pour une demi-heure de folie dans le car : love generation en musique de fond, chants de supporters vociférés par tous, danse, sauts, tendu d'écharpes, lever de drapeau, le moins qu'on puisse dire est que l'opération "cohésion" a réussie. C'est magique !
Nous entrons dans ce stade mythique de 60.000 places que l'on ne peut s'empêcher d'admirer avec des yeux d'enfant.
L'arène est vraiment magique, entre autre lorsque l'aigle du Club effectue plusieurs tours des tribunes avant de se reposer sur le Blason du SLB.
Ca n'empêche pas nos supporters de marquer leur présence.
De notre côté, nous avons confectionné et apporté une banderole de soutien aux joueurs.
Cette banderole nous aura valu un passage TV...
A la mi-temps le manque de sommeil et le stress du match ont raison de moi.
Malgré deux journées de bonheur, le résultat du match ne correspond pas à nos attentes et la déception peut se lire sur les visages.
Au final, nous repartons de Lisbonne éliminé de la Coupe UEFA, mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse !
Pour les photos, merci à Clem, PA, Gauthier, Emilie, Ghislain, Hélène, José (pas moi, l'autre), Uldrich, Benoit, Chamath, Marie, Mida, Christèle, Pierre et Yann !

1 Comments:
Aaaah, lala lala!
Que de merveilleux souvenirs de ce premier déplacement ! Tout en esperant que ce ne sera pas le dernier !
Un pays MA-GNI-FIQUE, des gens avec qui il est agréable de passer du temps, de la détente et des fous rires, et bien ... en veux-tu, en voila ! et un José qui chauffe l'ambiance, chauuuffe !!!
Tes comm's sont très pertinents, très recherchés ... un talent caché peut être ?
En tout cas, toute la Puisaye te salue ...
A bientôt alors ... peut être pour un "Ze Trincamp Tour à Nice " ? Ne sait on jamais !
2:36 PM
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