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Saturday, September 16, 2006

Rodage à Valenciennes

12 août 2006. C'est parti.

Quelques jours plus tôt, en croisant Jean-Ba, qui travaille pour nous mais habite le Nord, on s'est dit qu'on pouvait peut-être se faire un truc sympa à Valenciennes, histoire de rééditer le déplacement de Lens l'an dernier où on s'était bien marré dans les bars de supporters.

RDV est pris. Je récupère 4 places auprès du Club, je lui file les siennes la veille, et on convient de se retrouver au stade Nungesser samedi soir.

En période de vacances, c'est l'occasion de faire plaisir à mon fils, je l'emmène donc avec moi. Nous partons à 17H et arrivons à Valenciennes 2H plus tard, 1H avant le match.

















Pour ceux qui n'ont pas suivi, petit topo sur Valenciennes.
C'est dans le Nord, avec l'industrie lourde, la crise, le chômage, les maisons en brique, bref, j'en rajoute pas, tu fermes les yeux, t'entends Pierre Bachelet, il explique ça mieux que moi.
Ne sèche pas tout de suite tes larmes, on va maintenant aborder le volet football.
Impossible de dissossier ce Club de l'affaire OM-VA, qui a défrayé la chronique en 1993 et qui a valut à Marseille la perte de son titre de champion et la fin d'un règne de 5 années sur le football français.
VA non plus ne s'en est pas remis, et depuis ils ont disparu de l'élite, plongeant la ville dans une longue hibernation dont elle sort seulement cette saison.

Car nous sommes au soir de la rédemption. La grand-messe de Nungesser, qui s'est dite pour la dernière fois dans le latin de la D1, sera célébrée dans le français sponsorisé de la L1 Orange. Et pour que la fête soit complète, l'hôte du soir est venu de la Capitale, c'est ce PSG ennemi héréditaire de ... l'OM!

Bon, l'histoire c'est bien beau, mais on a faim mon fils et moi. En remontant la rue qui va au stade, je me dis qu'on va pouvoir se caler l'estomac dans une boulangerie.
Après avoir dépassé un bar, nous en dépasssons un deuxième, puis un troisième, et je réalise qu'il faudra attendre le stade pour combler notre apétit. La rue n'est q'une longue suite de troquets où les supporters font couler la bière à flots en attendant le coup d'envoi.




Très vite, on arrive aux guichets. Une foule assez disciplinée fait la queue en attendant que les portes ouvrent. Mon oeil professionnel ne peut s'empêcher de remarquer un problème d'organisation, les abonnés ayant une file d'attente trop longue.

On sent que le public n'a pas encore pris ses repères, à l'image de ses gamins qui ont l'air un peu paumés...



Remarque nous aussi on tourne un peu en rond, alors comme j'ai eu Jean-Ba au téléphone, et qu'il sera un peu en retard, on entre sans plus attendre dans le stade.

Juste après avoir passé les cordons de sécurité, on tombe immédiatement sur une baraque qui n'est autre que la boutique du stade.


















La photo parle d'elle même. On serait tenté de se moquer. Tout bien réfléchi, peut-être que le ridicule est de notre côté, qui avons poussé le professionalisme jusqu'au luxe glacé du rayon "house de siège auto" de notre belle boutique. Après tout, pour vendre des écharpes de foot, peut-être ne faut-il pas être trop sophistiqué... le débat est ouvert :

















Pendant ce temps, les supporters continuent d'investir les lieux. Apparemment mon parfum fait de l'effet...

















Jean-Ba arrive, précédé d'un bon gars du Nord. Respect.

















Direction le stand Sensass (Et oui pour les connaisseurs, les fameuses friteries de Lens font de l'expansionnisme dans toute la région Nord Pas de Calais...)

















Comme devant toute les buvettes du monde, la foule se presse, et deux ou trois personnes me séparent de la serveuse Sensass. Sans être belle, elle a le charme simple de la personne qui va remplir mon estomac, c'est déjà bien. Je l'observe prendre les commandes, s'afférer sans se presser tout en gardant son efficacité.

Pour servir le rouquin qui attend devant moi, d'une main leste elle remplit une barquette de frites, la saupoudre de sel, et soudain prise de ce que j'interprète que comme une crise d'hystérie, s'empare d'une louche baignant dans un pot géant de mayonnaise, et en déverse le contenu au sommet des patates.

A ce moment ma mâchoire inférieure se détache, et avant qu'un cri ait pu sortir de ma bouche, la diablesse réitère son manège avec une louche de ketchup. Désespéré je me tourne vers le destinataire de cet immense gâchis, pour lui exprimer ma compassion et ma révolte, et lorsque nos regards se croisent, je comprends ma méprise en lisant dans le sien une satisfaction toute empreinte de voracité adipeuse.

Quand le client suivant accueille avec sourire un nappage identique, je baisse les bras, referme ma bouche et ne la rouvre que pour prévenir la serveuse que ce sera sans sauce pour moi. Prononcer ces mots déclenche autour de moi d'imperceptibles réactions, allant de l'étonnement à la réprobation en passant par la pitié.

Minable, je récupère ma pitance et pars m'installer en tribune, mécontent d'avoir été ainsi remarqué. Je remarque le sourcil réprobateur de mon fils. Il ne lui aurait pas déplu de rougir ses frites mais j'assume en n'oubliant pas ma mission paternelle d'éducation alimentaire. Question bouffe, en repensant à ce qui se passe ici, un frisson me parcourt l'échine.



Pas étonnant que l'espérance de vie soit la plus faible de France. Ceux qui réussissent à échapper à une cirrhose du foie due à l'alcoolisme atavique sont rattrapés par le cholestérol qui engorge les artères et asphyxient les coeurs. J'imagine que pour compléter le tableau, la clope fait aussi son boulot. Je vais pas la jouer Germinal, mais ça fout les jetons.



Bon, dans l'histoire y'avait aussi une rencontre de foot. Que dire, sinon que le résultat final, "match nul" est un bon titre pour le film...

















Les supporters parisiens sont là et le font savoir...

























Nous on choisit de rester discret
(je ne sais pas pourquoi, je crois qu'on nous a quand même repéré).

















Bilan des courses, une soirée sympa mais je reste sur un sentiment de frustration, non pas à cause du résultat du PSG (c'est le foot : on gagne, on perd, on s'amuse on pleure, on rit, c'est la vie de Candy...) Non, ce qui me dérange, c'est que je n'ai pas rempli le contrat du Trincamp Tour. Je ne suis pas satisfait de mes photos, je n'ai pas eu le temps de faire le tour, de rencontres... Résultat je ne me suis pas départi des clichés imprimés sur le papier peint de mon imaginaire et je reste marqué d'une vision romanesque des gens du nord qui ont dans les yeux le bleu qui manque à leur décor, et dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas dehors.

Conclusion au prochain déplacement, plus question d'arriver au dernier moment si je veux aller un peu plus loin au pays de footland... A suivre !

Pour finir, j'aurais au moins retenu une chose : il faut savoir s'arrêter un jour dans le trip "pousse des cheveux"...

















Merci l'ami.

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