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Saturday, September 16, 2006

Entering Free Derry !

13 et 14 septembre 2006, deux jours mémorables.

Deux semaines avant, quand j'ai appris que le PSG disputerait le tour préliminaire de la Coupe UEFA contre le Club irlandais de Derry FC, je ne connaissais rien de ce club, rien de cette ville, et je m'en suis rendu compte ensuite, rien de ce pays. Je me suis juste dit que les billets pour l'Irlande n'étaient pas chers, et que se serait pour moi une occasion supplémentaire de traverser la manche en raison du football.

C'est vrai, c'est marrant ça, mais toutes les fois où je suis allé chez les rosbifs, c'était pour le foot. Je sais, je sais, ce n'est pas politiquement correct de parler de rosbifs.

D'une, il s'agit d'un terme péjoratif, et de deux, en mettant sous une même bannière anglais, écossais, gallois et irlandais, on commet une lourde erreur, puisque ces peuples ont chacun une identité propre.

Ouais, enfin ça c'est vu depuis chez eux, parce qu'il faut bien avouer que d'ici on a un peu de mal à distinguer qui est qui dans cette bande de rouquins buveurs de bière.
Et puis moi y'a un truc qui ne passera jamais, c'est le plaisir qu'ils prennent à nous faire arriver chez eux dans une gare qui s'appelle Waterloo. L'Empereur doit se retourner dans son cercueil des Invalides, le pauvre.

Ca doit être pour ça que je me suis toujours rendu là-bas en avion. En 1994, pour la demi-finale de Coupe des Coupes Arsenal/PSG ; en 1997 pour une autre demi-finale contre Liverpool ; en 1999 à Wembley pour la victoire de rêve des Bleus contre l'Angleterre et en 2002 pour un tournoi en Ecosse avec mon Club de Foot.

Dès que j'ai eu l'idée de ce déplacement, j'en ai parlé à Yann, qui partage le même bureau que moi au PSG. Une pointure chez les road-runners, avec son tour du monde en traction et sa carrière dans le journalisme touristique. Immédiatement partant, Yann se rappelle même qu'un ami d'enfance de sa femme, Shane, habite Derry : c'est décidé, on y va !

En préparant le voyage, je commence à découvrir la complexité du pays de la Guiness.
Lorsque la République d'Irlande a obtenu son indépendance en 1920, la minorité protestante dite "loyaliste", en raison de sa fidélité à la couronne britannique, a obtenu que la partie du territoire qu'elle occupait au Nord reste rattachée au Royaume-Uni.



Petit problème, dans cette Irlande du Nord désormais majoritairement protestante, les catholiques encore présents devinrent mathématiquement minoritaires. Jusque-là vous suivez ? Ok, Autorisation de relire ce qui précède pour ceux qui ont du mal, les autres peuvent continuer.

Rapprochons nous de la ville où nous devons nous rendre : Londonderry est le nom que lui donnent les loyalistes protestants, marquant ainsi leur allégeance à la capitale anglaise. Les catholiques se contentent de l'appeler Derry.

La cité est coupée en deux par un fleuve, le Floyd. A l'est se trouvent les protestants, à l'ouest les catholiques, coincés entre le Floyd et la République d'Irlande.

C'est là, dans le quartier de Brandywell, que se trouve le Club de Derry FC, un Club catholique donc.

C'est toujours clair ? Si vous n'êtes pas sûr, vous pouvez faire appel à l'avis du Public, ou choisir le 50/50...

Jusque dans les années 60, Derry a joué dans le championnat d'Irlande du Nord, seule équipe catholique dans une ligue protestante. Après la multiplication d'incidents récurrents dus à la montée des tensions entre les deux communautés, il a été décidé que le Club rejoindrait le championnat de la République d'Irlande.

Ainsi, en ce tour préliminaire de la Coupe de l'UEFA, le PSG doit se rendre en Irlande du Nord pour affronter le Champion "d'Irlande du sud", soutenu par la communauté catholique d'une ville située dans l'enclave protestante d'une ile majoritairement catholique... C'est votre dernier mot ?

Jeudi 13, 13H. Nous quittons le Parc des Princes en scooter, direction Roissy, avec en poche un aller simple pour Belfast. Nous avons demandé au Président l'autorisation de revenir dans l'avion de la délégation, il a accepté, nous ne perdrons donc pas la journée de vendredi à rentrer en France.

Sachant que Shane nous attend dans la soirée, nous programmons de faire un tour de Belfast avant de prendre le car pour Derry.

En débarquant à l'aéroport de Belfast, nous réalisons que la visite de la ville sera plus brève que prévue. Nous avons en effet 40 minutes entre deux cars pour découvrir cette ville chère à Boney M. Nous irons donc à l'essentiel.


















C'est pas ça qui nous fait perdre le sourire. La pression, on aime ça.



Ensuite, tout s'enchaîne : Navette jusqu'au centre-ville de Belfast, visite éclair des quartiers loyalistes dont les trottoirs sont peints aux couleurs de l'Union Jack, puis récupération in extremis du car de 19H30. Nous effectuons alors jusqu'à Derry la traversée d'une Irlande plongée dans une nuit qui serait totale si elle n'était déchirée par les feux de notre bus.

Arrivés à destination, nous sommes récupérés par Shane et rejoignons nos collègues déjà sur place pour le boulot.




















































Je suis rapidement chez moi, quel que soit l'endroit !

Après avoir largement arrosé la soirée, chacun part retrouver son lit. Les potes rentrent à l'hôtel, et de notre côté nous sommes invités chez Shane. Avant de nous coucher, il nous explique une partie de ses engagements dans la vie militante locale, et en particulier son combat contre la guerre en Irak.












La nuit est courte mais réparatrice. La plomberie ayant un petit problème, nous avons RDV au matin à l'hôtel pour squatter les salles de bain et le buffet du petit dej. Programme de la matinée : visite de la ville avec Shane.

Matt, Antho, et Steph ont réussi à échapper au programme de la délégation officielle, ils seront de la virée. Tout comme Jean-Luc, responsable d'un partenaire du Club, avec qui nous avons sympathisé hier soir.

Comble de chance dans ce pays pluvieux, nous avons droit à un soleil radieux : l'ambiance pourrait être à la déconne, mais le récit de Shane nous bouleverse.


















Je prends conscience de mon ignorance sur l'histoire Irlandaise, et cela m'accable. Pour un soi-disant féru d'histoire et de géopolitique, ça la fout mal...

D'accord, je savais que le bloody sunday de la chanson de U2 évoquait une journée d'émeute sanglante en Irlande, mais je n'étais jamais allé plus loin. Or nous sommes précisément sur les lieux du mémorial du bloody sunday.

Le dimanche 30 janvier 1972, à Derry, une marche pacifique pour l'égalité des droits est organisée entre catholiques et protestants, farouchement déterminés à éviter toute violence entre les différents protagonistes. Malgré un dialogue avec les autorités unionistes et des tentatives de négociation avec les forces de l'ordre britanniques, la manifestation se transforme en émeute : treize personnes sont tuées par l'armée. Cette journée, désormais inscrite dans l'Histoire sous le nom de Bloody Sunday, marque le début d'une guerre civile qui ne prendra fin qu'en 1994.

















Pourquoi cette violence ? Tout simplement parce que jusque là l’égalité entre les citoyens nord-irlandais était bafouée par un système basé sur des pratiques discriminatoires envers les catholiques au niveau politique, social et économique ; sur la loi des Pouvoirs Spéciaux de 1921 ; sur une police majoritairement protestante ; des discriminations pour le logement et l’emploi ; le système électoral du gerrymandering et du vote censitaire qui assurent aux protestants une surreprésentation.

















En un mot un véritable apartheid. Le quartier de Bogside à Derry était le Soweto du Royaume-Uni. L'ampleur de ce qui s'est vécu est encore palpable, se lit dans la gravité des regards, se voit dans les stigmates portés par les maisons, et se ressent dans la dignité des comportements.

















Quand, nuit après nuit, on a risqué sa vie pour inscrire "Free Derry" sur un mur que les anglais ont repeint la veille, on sait que mots et coups ont valeur et puissance, et que quiconque les met sur sa bouche et ses poings ne peut le faire qu'au nom d'un idéal de justice et de liberté. Voilà pourquoi ici la vanité de la violence surfaite des hooligans est interdite. Voilà pourquoi ici le football ne peut être que fête.

















Après le mémorial, le stade. Les autres ayant rejoint la délégation pour le déjeuner officiel avec madame le Maire, nous ne sommes plus que quatre à aborder Branywell : Shane, Yann, Jean-Luc et José (c'est moi).

















Malgré les barbelés encore omniprésents dans la ville, place au sourire. Celui qui apparaît sur nos visages est dû au décalage complet entre le stade dans lequel nous pénétrons et le niveau d'exigence du cahier des charges de l'UEFA.

















Je propose à Jean-Luc de rencontrer monsieur Nippy, le sponsor local, pour discuter métier...

















Quand on évoque les luttes, docteur Ernesto n'est jamais loin...

















Dans ce stade où le terrain est entouré d'une piste en sable servant aux courses de lévriers, nous visitons aussi les vestiaires, qui ne sont pas plus grands que ceux de nos joueurs de District...




8 heures avant le coup d'envoi, les ballons de match attendent le PSG et ses joueurs prestigieux !





En attendant, nous décidons d'aller déjeuner chez Shane, et nous retraversons alors la ville dans l'autre sens, juste histoire de faire quelques rencontres...

















Quatre irlandais morts d'inquiétude à l'idée d'affronter un des clubs phares de la L1...

















Quatre irlandaises qui tentent de percer le mystère du french lover en nous observant.

















Un supporter du Celtic, mécontent de la défaite de la veille contre Manchester. Et oui dans la série tout est compliqué, ici tout le monde soutient ce club écossais car il est celui de la communauté catholique irlandaise qui s'est constituée à Glasgow. Moi qui ne connaissais qu'un seul chant de supporter britannique, celui des Rangers, j'ai bien fait de m'abstenir hier soir au pub...

















Dans les boutiques, l'appartenance communautaire sert de guide d'achat : à gauche le rayon "Jean-Paul II" pour les catholiques, à droite le rayon "planches à repasser" pour les protestants.

Nous déjeunons d'une délicieuse salade de choux rouge et carottes (j'ai évité le pire, Shane voulait y ajouter de la nectarine) et passons le début d'après-midi à quelques kilomètres au nord-ouest, sur les côtes de la République d'Irlande, histoire de pronener Bailey, le chien de notre hôte. Un bon bain d'eau froide nous semble en effet le remède pour ce saligot qui a passé la matinée à tenter de forniquer avec tout ce qui bougeait.

Difficile de croire en passant la frontière qu'ici se dressait il n'y a pas si longtemps un véritable check-point militaire alliant barbelés et véhicules blindés. Aujourd'hui les autorités recherchent la discrétion, et aucune démarcation ne permet de deviner qu'on passe du Royaume à la République.

















Et maintenant place au foot ! Nous retournons en ville, où les vitrines des pubs ont été repeintes aux couleurs du Club.

















La clôture du stade de Brandywell porte dans ses griffes une misère qui ne connaît pas de démarcation confessionnelle. Shane nous l'a dit ce matin, les vrais vainqueurs de cette guerre sont ceux qui ont dressé prolétaires contre prolétaires, évitant ainsi qu'ils ne se retournent contre eux.

















C'est la première fois que Derry va aussi loin en Coupe d'Europe, et les supporters croient dur comme fer que ça ne s'arrêtera pas là !

























Les reflets mordorés du soleil couchant saluent notre entrée en tribune. Irlandais dans une tribune parisienne, on dirait que Shane ne sait plus à quel saint se vouer.

















Les Lutece Falco, un groupe de supporters parisiens qui se réclame de tradition irlandaise, donnent de la voix. En arrière-plan, on peut voir les supporters irlandais massés dans les rues en pente autour du stade, qui regarderont le match sans être dans l'enceinte.

























En effet, tout le monde n'a pas pu avoir de place et les tribunes sont garnies de supporters rouges et blancs.

















Dans cette ambiance de fraternité entre les supporters des deux camps, le match nul ne chagrine personne, et donne une bonne raison aux parties de se retrouver dans 15 jours au Parc des Princes.

















Surréaliste, au coup de sifflet final, une horde de petits lutins envahit notre tribune. Sommes-nous sans le savoir dans un film de Tim Burton ?


























Difficile à dire, car les expériences vécues ont fait de cette journée une fresque onirique où réel et imaginaire se sont entendus comme larrons en foire. Privés de nos repères, nous avons du réinventer une grammaire pour décrypter la réalité d'un monde proche et lointain à la fois.

Croyant maîtriser l'anglais, nous nous sommes trouvé forts dépourvus quand l'accent irlandais fut venu...

Nous imaginions avoir amadoué Henri VIII, Cromwell et Victoria, et les rives du Floyd ont déboulonné les certitudes du faible socle de nos connaissances britanniques.

On s'était dit qu'au pire on pouvait se préserver de la cuisine locale en se rabattant sur les fish and fries, cela revenait à baisser la garde et ne pas sentir venir un cocktail choux-rouge/nectarine...

On était persuadé qu'ici le foot ne pouvait être associé qu'aux hooligans et à la violence et nous avons vécu une fête à Brandywell.

On se laissait aller à parler de guerre de religion, mais tout bien regardé ceux qu'on appelle ici protestants sont en fait des anglicans, donc des catholiques réformés, invention politique d'un roi anglais qui ne supportait plus le pouvoir temporel du pape.

















Une chose est certaine, ici comme là-bas, un type qui porte un costume à rayures verticales avec une cravate à rayures diagonales ne peut être foncièrement mauvais.

A part ça, qu'ai-je trouvé dans cette étape du "Trincamp Tour" ?

Une confirmation.
Le foot n'est qu'un révélateur. Ici il laisse grandir la violence, là il favorise la réconciliation.

Une évidence.
Le foot est vecteur de rencontres, passant les barrières des langues, des cultures et des religions.

Un encouragement.
Le Trincamp Tour doit continuer.

A bientot !

Rodage à Valenciennes

12 août 2006. C'est parti.

Quelques jours plus tôt, en croisant Jean-Ba, qui travaille pour nous mais habite le Nord, on s'est dit qu'on pouvait peut-être se faire un truc sympa à Valenciennes, histoire de rééditer le déplacement de Lens l'an dernier où on s'était bien marré dans les bars de supporters.

RDV est pris. Je récupère 4 places auprès du Club, je lui file les siennes la veille, et on convient de se retrouver au stade Nungesser samedi soir.

En période de vacances, c'est l'occasion de faire plaisir à mon fils, je l'emmène donc avec moi. Nous partons à 17H et arrivons à Valenciennes 2H plus tard, 1H avant le match.

















Pour ceux qui n'ont pas suivi, petit topo sur Valenciennes.
C'est dans le Nord, avec l'industrie lourde, la crise, le chômage, les maisons en brique, bref, j'en rajoute pas, tu fermes les yeux, t'entends Pierre Bachelet, il explique ça mieux que moi.
Ne sèche pas tout de suite tes larmes, on va maintenant aborder le volet football.
Impossible de dissossier ce Club de l'affaire OM-VA, qui a défrayé la chronique en 1993 et qui a valut à Marseille la perte de son titre de champion et la fin d'un règne de 5 années sur le football français.
VA non plus ne s'en est pas remis, et depuis ils ont disparu de l'élite, plongeant la ville dans une longue hibernation dont elle sort seulement cette saison.

Car nous sommes au soir de la rédemption. La grand-messe de Nungesser, qui s'est dite pour la dernière fois dans le latin de la D1, sera célébrée dans le français sponsorisé de la L1 Orange. Et pour que la fête soit complète, l'hôte du soir est venu de la Capitale, c'est ce PSG ennemi héréditaire de ... l'OM!

Bon, l'histoire c'est bien beau, mais on a faim mon fils et moi. En remontant la rue qui va au stade, je me dis qu'on va pouvoir se caler l'estomac dans une boulangerie.
Après avoir dépassé un bar, nous en dépasssons un deuxième, puis un troisième, et je réalise qu'il faudra attendre le stade pour combler notre apétit. La rue n'est q'une longue suite de troquets où les supporters font couler la bière à flots en attendant le coup d'envoi.




Très vite, on arrive aux guichets. Une foule assez disciplinée fait la queue en attendant que les portes ouvrent. Mon oeil professionnel ne peut s'empêcher de remarquer un problème d'organisation, les abonnés ayant une file d'attente trop longue.

On sent que le public n'a pas encore pris ses repères, à l'image de ses gamins qui ont l'air un peu paumés...



Remarque nous aussi on tourne un peu en rond, alors comme j'ai eu Jean-Ba au téléphone, et qu'il sera un peu en retard, on entre sans plus attendre dans le stade.

Juste après avoir passé les cordons de sécurité, on tombe immédiatement sur une baraque qui n'est autre que la boutique du stade.


















La photo parle d'elle même. On serait tenté de se moquer. Tout bien réfléchi, peut-être que le ridicule est de notre côté, qui avons poussé le professionalisme jusqu'au luxe glacé du rayon "house de siège auto" de notre belle boutique. Après tout, pour vendre des écharpes de foot, peut-être ne faut-il pas être trop sophistiqué... le débat est ouvert :

















Pendant ce temps, les supporters continuent d'investir les lieux. Apparemment mon parfum fait de l'effet...

















Jean-Ba arrive, précédé d'un bon gars du Nord. Respect.

















Direction le stand Sensass (Et oui pour les connaisseurs, les fameuses friteries de Lens font de l'expansionnisme dans toute la région Nord Pas de Calais...)

















Comme devant toute les buvettes du monde, la foule se presse, et deux ou trois personnes me séparent de la serveuse Sensass. Sans être belle, elle a le charme simple de la personne qui va remplir mon estomac, c'est déjà bien. Je l'observe prendre les commandes, s'afférer sans se presser tout en gardant son efficacité.

Pour servir le rouquin qui attend devant moi, d'une main leste elle remplit une barquette de frites, la saupoudre de sel, et soudain prise de ce que j'interprète que comme une crise d'hystérie, s'empare d'une louche baignant dans un pot géant de mayonnaise, et en déverse le contenu au sommet des patates.

A ce moment ma mâchoire inférieure se détache, et avant qu'un cri ait pu sortir de ma bouche, la diablesse réitère son manège avec une louche de ketchup. Désespéré je me tourne vers le destinataire de cet immense gâchis, pour lui exprimer ma compassion et ma révolte, et lorsque nos regards se croisent, je comprends ma méprise en lisant dans le sien une satisfaction toute empreinte de voracité adipeuse.

Quand le client suivant accueille avec sourire un nappage identique, je baisse les bras, referme ma bouche et ne la rouvre que pour prévenir la serveuse que ce sera sans sauce pour moi. Prononcer ces mots déclenche autour de moi d'imperceptibles réactions, allant de l'étonnement à la réprobation en passant par la pitié.

Minable, je récupère ma pitance et pars m'installer en tribune, mécontent d'avoir été ainsi remarqué. Je remarque le sourcil réprobateur de mon fils. Il ne lui aurait pas déplu de rougir ses frites mais j'assume en n'oubliant pas ma mission paternelle d'éducation alimentaire. Question bouffe, en repensant à ce qui se passe ici, un frisson me parcourt l'échine.



Pas étonnant que l'espérance de vie soit la plus faible de France. Ceux qui réussissent à échapper à une cirrhose du foie due à l'alcoolisme atavique sont rattrapés par le cholestérol qui engorge les artères et asphyxient les coeurs. J'imagine que pour compléter le tableau, la clope fait aussi son boulot. Je vais pas la jouer Germinal, mais ça fout les jetons.



Bon, dans l'histoire y'avait aussi une rencontre de foot. Que dire, sinon que le résultat final, "match nul" est un bon titre pour le film...

















Les supporters parisiens sont là et le font savoir...

























Nous on choisit de rester discret
(je ne sais pas pourquoi, je crois qu'on nous a quand même repéré).

















Bilan des courses, une soirée sympa mais je reste sur un sentiment de frustration, non pas à cause du résultat du PSG (c'est le foot : on gagne, on perd, on s'amuse on pleure, on rit, c'est la vie de Candy...) Non, ce qui me dérange, c'est que je n'ai pas rempli le contrat du Trincamp Tour. Je ne suis pas satisfait de mes photos, je n'ai pas eu le temps de faire le tour, de rencontres... Résultat je ne me suis pas départi des clichés imprimés sur le papier peint de mon imaginaire et je reste marqué d'une vision romanesque des gens du nord qui ont dans les yeux le bleu qui manque à leur décor, et dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas dehors.

Conclusion au prochain déplacement, plus question d'arriver au dernier moment si je veux aller un peu plus loin au pays de footland... A suivre !

Pour finir, j'aurais au moins retenu une chose : il faut savoir s'arrêter un jour dans le trip "pousse des cheveux"...

















Merci l'ami.